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Effet alternance : un réveillon connecté, 4 ans après

Nous sommes en 2020. Ce matin, mon téléphone affiche 1 janvier 2020. C’est peut être un non-événement pour vous, mais pas pour moi et mescompatriotes: la traversée 2019-2020 était spéciale.

Il était 23 heures passées d’une vingtaine de minutes quand je publiais mon dernier post de 2019. Dans cette joie qui me caractérisait avant de poser le pied sur la nouvelle année, une crainte me hantait: et si la connexion, comme par magie, s’arrêtait ?, me demandais-je chaque minute qui passait. En RDC, nous n’avons plus connu de réveillon connecté depuis 2016. Trois réveillons dans un blackout dû aux problèmes politiques. Alors que Kabila était soupçonné de vouloir « s’éterniser » au pouvoir, mouvements citoyens et Eglise maintenaient la pression. En représailles, le pouvoir (incarné à tort où à raison par Mende), coupait la connexion internet durant cette période de l’année, estimant que les réseaux sociaux étaient le vecteur de déstabilisation du pays.

Pourquoi cette période particulière de l’année ?

Selon les tenanciers du pouvoir de l’époque, les mouvements citoyens mobilisaient via les réseaux sociaux. Derrière ce détail, du reste énigmatique, se cachait plutôt un désir de camouflage. Il fallait coûte que coûte empêcher les images de bavure policières et des répressions violentes et démesurées des mouvements pacifiques d’envahir la toile. Avec l’éclosion des blogueurs (Habari, observers), le risque était élevé. Décembre, précisément le 31, était devenu le symbole de la résistance. En cette date, était signé, en 2016 et sous les bons offices de la CENCO, un accord dit de la « Saint-Sylvestre ».

Si cela était de bon augure pour baliser le chemin au départ de Kabila, la conséquence était fâcheuse pour les populations, désormais privées de connexion en cette période de vœux.

La magie de l’alternance

En janvier, Kabila est finalement parti mais toujours sans connexion. Coupé le 31 décembre 2018, le lendemain du triple scrutin, le signal internet n’a été rétabli que le 19 janvier 2019, à quelques minutes de la confirmation, par la Cour constitutionnelle, de l’élection de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême.

11 mois après, il y a eu alternance pacifique au sommet de l’Etat et son lot de surprises, tant fâcheuses qu’agréables. Le Congolais, lui, a savouré sans modération les délices d’Internet. Logique après 3 privations. Pourvu que ça se perpétue.

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